16 Octobre 2010
C'est dimanche, jour du poème d'Hippolyte. Toujours dans la série des "génies familiers de la maison", après le Frigidaire, la cuisinière, la tarte à l'oignon, et le piano, un sonnet qui s'interroge sur l'un des légumes les plus populaires de Martinique...
Es-tu perle de la couronne d'un grand duc,
Dont l'orient avec une émeraude alterne ?
Es-tu le bilboquet d'un jongleur très paterne ?
Le bout d'un sceptre ou bien la marotte de Pück ?
Es-tu poire, placide et tendre et riche en suc ?
Sous la tonnelle es-tu lampion, es-tu lanterne ?
Et dans l'ombre luisant doucement, mâte et terne
Es-tu sorbet, mastic, es-tu marbre, es-tu stuc ?
Jarre par le petit bout de lorgnette vue ?
Ou bien confusément sans son manche, massue ?
Montgolfière ou ballon sur son derrière assis ?
Es-tu larme écoulée au flanc d'un jeune cierge ?
Ou dans le soir par sa blancheur tout éclairci
Le vol d'une colombe ou le sein d'une vierge ?