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Quand notre rhum peut booster le tourisme de croisière...

Quand notre rhum peut booster le tourisme de croisière...

La silhouette blanche du MSC Virtuosa écrase le quai des Tourelles. Depuis nos fenêtres, le spectacle est quotidien : des milliers de passagers déversés sur le bitume foyalais, une ville flottante qui s’amarre à notre économie. Les chiffres de cette saison 2025-2026 sont sans appel. Avec 264 escales et plus de 450 000 passagers attendus, la Martinique a retrouvé son rang de place forte de la croisière caraïbéenne. On a investi 120 millions d’euros dans le « Hub Antilles », 38 millions pour électrifier les quais et faire de Fort-de-France un port « propre ». C’est bien. C’est même formidable. Mais on peut faire encore mieux.

Car le succès d’une saison ne se mesure pas au nombre de coques blanches dans la baie, mais à ce qu’il reste dans nos caisses une fois que le navire a largué les amarres.

Regardons les chiffres de près, au-delà des impressions. Aujourd’hui, un croisiériste en transit dépense en moyenne 43,27 € sur notre sol. Ce n’est pas négligeable, mais le véritable drame économique est ailleurs : seuls 20 % environ des passagers d’escale prennent la peine de descendre du navire. Huit personnes sur dix restent à bord, captées par les buffets gratuits et les activités de pont, faute d’une offre locale assez magnétique pour justifier l’effort d’un débarquement.

Nous subissons le volume sans piloter la valeur. Pour inverser la tendance, il ne faut pas chercher de nouvelles taxes. Il faut utiliser notre arme fatale, notre signature mondiale : le rhum AOC.

Le spiritourisme est le levier de croissance le plus puissant de notre territoire. C’est lui qui transforme le touriste de masse en un visiteur de niche, prêt à dépenser pour une histoire, un savoir-faire, une émotion. Mais pour cela, il nous faut un phare. Et ce phare existe déjà : la Tour Lumina.

Ma proposition est directe : installons la « Cité du Rhum » dans les deux derniers étages de la Tour Lumina. À l’image de la Cité du Vin à Bordeaux, créons un lieu d’exception à portée de pas des paquebots.

L’enjeu est double. Augmenter la contribution par visiteur (un passager "tête de ligne" dépense déjà 58,22 €, preuve que l'ancrage local paie). Ensuite, et surtout, développer le volume de descente : avec une Cité du Rhum spectaculaire à 500 mètres des passerelles, nous pourrions tripler le nombre de passagers qui posent le pied à terre. Passer de 20 % à 60 % de descente, c'est une démultiplication mécanique de la richesse irriguée dans nos commerces, nos taxis et nos restaurants.

Imaginez le parcours. Le croisiériste voit la tour depuis son balcon, descend car la promesse est à sa porte, et monte au sommet. Là, une vue à 360° sur la baie, une immersion interactive dans l’excellence de nos distilleries et un centre de réservation centralisé vers les site remarquables de l'île. La Tour Lumina serait bien plus alors qu’un immeuble de bureaux, elle serait le terminal de l’excellence martiniquaise.

Le tourisme de demain sera culturel, identitaire et haut de gamme, ou il ne sera pas rentable. Nous avons le meilleur rhum du monde. Donnons-nous maintenant le temple que notre production mérite. C’est une question de fierté et de volontarisme économique.

Tranchons. Faisons de Lumina le cœur battant de notre nectar.

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