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Quand un salon littéraire fait le pari de la démocratie culturelle...

Quand un salon littéraire fait le pari de la démocratie culturelle...

Un salon littéraire doit-il être un temple réservé à une élite triée sur le volet, un cénacle feutré où seuls quelques initiés, adoubés par quelques grands prêtres auraient le droit de cité ? Un salon littéraire doit-il être le reflet d'une culture descendante qui distribue ses bons points et décide, du haut de son piédestal, ce qui est digne d'être lu et ce qui ne l'est pas ?

Car la tentation peut être grande. À vouloir enfermer la culture dans une tour d'ivoire, on finit par l’isoler d’un public qui ne demande qu'à lire, à échanger et à se reconnaître dans ses auteurs. C'est précisément ce dogme de l'élitisme que le salon littéraire de Tous Créoles vient bousculer avec pragmatisme et audace.

Ce salon, qui se déroulera les 4 et 5 juillet dans les jardins de l’Habitation Clément, réussit le tour de force de rassembler 50 auteurs et acteurs du livre, dans un même élan de partage.

La richesse de ce rendez-vous tient précisément dans son refus des barrières artificielles, et donc dans la qualité de ses membres participants :

  • Près de la moitié des auteurs invités sont portés par de véritables maisons d'édition, garantissant la structure et le rayonnement des belles plumes de notre territoire.
  • L’autre moitié, portée par l’envie farouche, sont des auteurs en auto-édition. Car loin d'être un second choix, l'auto-édition est un laboratoire de talents, une liberté que s'offrent des écrivains courageux pour aller à la rencontre directe de leur lectorat sans attendre de permission.
  • La présence de structures éditoriales et d'un libraire de premier plan comme la Fnac achève de structurer cet événement comme un véritable marché du livre, dynamique et ancré dans le réel économique.

Le grand piège qui guette parfois les manifestations culturelles, est l'entre-soi. Une forme de paresse intellectuelle consistant à décréter qu'un livre auto-édité manquerait cruellement de légitimité, tout en fermant les yeux sur le fait que certains des plus grands chefs-d'œuvre de la littérature mondiale ont commencé leur vie loin des circuits traditionnels.

En accueillant sans distinction le talent certifié des maisons d'édition et l'audace des indépendants, le salon de Tous Créoles refuse la caricature. Il rappelle que la valeur d'une œuvre se mesure d’abord à l’émotion du lecteur. Et il assume un positionnement moderne : celui de la démocratie culturelle. Car oui, nous avons besoin de toutes les forces vives pour faire vivre le livre en Martinique. Et cette force magnifique sera là samedi 4 et dimanche 5 juillet, visible et vivante dans ces 50 visages qui, ensemble, font tourner les pages de notre littérature créole.

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