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Quand le choc des images égorge la production locale...

Quand le choc des images égorge la production locale...

L'odeur du sang froid ne suffit plus à raconter l'abattoir du Lamentin. Aujourd'hui, c'est le parfum du scandale qui sature l'air. Les images diffusées par l'association L214 sont insoutenables. Elles montrent des bêtes en souffrance, des gestes imprécis, une mécanique de mort qui bégaie. Une plaie ouverte dans la chair de notre autonomie alimentaire.

Mais une fois l'écœurement passé, il faut avoir le courage de regarder ce qui se cache derrière le rideau de pixels. Car ce que nous voyons c'est le naufrage d'un modèle de gestion publique et le triomphe d'un agenda militant qui ne nous veut pas de bien.

L'abattoir est géré par ADM (Abattage de Martinique), une régie créée en 2019 sous l'aile protectrice de la Collectivité Territoriale de Martinique. Le statut de service public devait être une garantie. Si les accusations de L214 étaient avérées - ce qu’il reste à prouver - alors, ce statut serait plus que contestable. Depuis des années, les pannes se succèdent, les investissements traînent, et la maintenance semble assurée au ruban adhésif.

On nous parle de contention inadaptée et de matériel défaillant : constat implacable des limites administratives. Et puis, comment expliquer que des services vétérinaires de l'État, censés être présents physiquement chaque jour sur la chaîne, n'aient rien vu ? Ou pire, qu'ils aient laissé faire ? Le contrôle est là, pléthorique, coûteux, mais il est aveugle. Paradoxe d'une administration qui gère des procédures plutôt que des réalités ?

Mais par-delà nos défaillances techniques, il y a une volonté organisée de nuire ! Le timing de cette attaque est une leçon de marketing politique. L'association L214 n'est pas un petit collectif de bénévoles épris de justice. Elle est une machine de guerre dotée d'un budget de plus de 10 millions d'euros, une multinationale de l'activisme qui ne veut qu'une chose : éradiquer les filières animales de la planète.

Pourquoi diffuser ces vidéos, tournées en janvier et février, seulement maintenant ? La réponse tient en un nom : Biguine. Notre vache Brahmane, star du Salon International de l'Agriculture, revenait à peine de Paris, auréolée d'une fierté retrouvée pour toute la filière bovine martiniquaise. L214 a attendu que les lampions de la fête s'éteignent pour porter son coup de poignard. Loin de vouloir améliorer les conditions d'abattage, son véritable objectif est de dégoûter le Martiniquais de sa propre production. Sur leur site, la couleur est annoncée : la fin de l'élevage, purement et simplement.

Au milieu de ce champ de bataille médiatique, il y a l'éleveur de chez nous. Otage et victime. Celui qui soigne ses bêtes, qui respecte les normes, qui se bat pour que nous ne mangions pas uniquement de la viande décongelée venue de pays où aucune caméra ne pénètre jamais.

Cet éleveur est aujourd'hui la victime d'une double peine. Il subit l'incurie du gestionnaire public, et il encaisse l'opprobre jetée par des militants qui ne font aucune distinction entre un outil mal géré et une profession tout entière. Fermer l'abattoir sans solution immédiate, reviendrait à condamner la Martinique au mieux au retour des vieilles pratiques clandestines, au pire à l'importation totale. À offrir notre marché à des industriels sud-américains ou européens dont l'empreinte carbone et les méthodes d'abattage resteraient, elles, bien à l'abri des regards.

Bien sûr, le bien-être animal impose une exigence technique et morale. Mais il ne doit pas servir de cheval de Troie à ceux qui veulent vider nos campagnes de leurs éleveurs au nom du fondamentalisme végane.

Une gestion privée-publique rigoureuse, des investissements qui arrivent sur le terrain et des contrôles qui ne soient pas des formalités de bureau, voilà ce dont la Martinique a besoin. Elle en a assez des larmes numériques sur les réseaux sociaux. Surtout si ces larmes sont provoquées par les ennemis de notre autonomie alimentaire !

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