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Laisse-moi te dire

Quand l’IA redessine le monde du travail...

Quand l’IA redessine le monde du travail...

Aujourd’hui, l’analyste financier de votre banque ou le consultant de votre cabinet de conseil manipulent encore des tableurs complexes et rédigent des synthèses de trois pages. Demain — c’est-à-dire… demain — une ligne de code fera ce travail en quatre secondes, pour un coût marginal proche de zéro. Pendant ce temps, le plombier qui vient réparer votre fuite ou l’infirmière qui vient refaire votre pansement restent, eux, parfaitement irremplaçables. Là, sous nos yeux, l’intelligence artificielle est en train d’inverser brutalement la pyramide de nos certitudes.

Pendant des décennies, nous avons vendu à nos enfants l’idée que le diplôme spécialisé était l’armure ultime. “Tu seras médecin, mon fils. Avocate, ma fille. Expert marketing ou Conseiller financier, mon garçon…” Plus le créneau était étroit, plus on pensait être à l'abri. L’IA vient de briser ce contrat. Les chiffres du FMI et de Goldman Sachs sont clairs : 60% des emplois dans les économies avancées sont exposés à l’automatisation cognitive. Et 85% des métiers qui seront exercés en 2030 (dans 4 ans !), n’existent pas encore.

La rupture est là : ce n'est plus la force physique qui est menacée, mais bien l'intellect routinier. On estime que 70% des tâches effectuées aujourd’hui par des cadres supérieurs sont déjà réalisables par des modèles comme Claude ou GPT-4. À l’inverse, la motricité fine et l’imprévisibilité d’un chantier physique restent un rempart difficilement franchissable pour les algorithmes. Nous assistons à une réhabilitation forcée de la main et du « care » (du cœur ?), tandis que le « cognitif de base » s’effondre.

Face à ce séisme, notre système éducatif ressemble à une vieille digue de sable. Continuer à former des spécialistes enfermés dans des couloirs de compétences est sans doute une erreur stratégique majeure. L'avenir appartient à l'agilité et à la culture générale pluridisciplinaire.

Nous devrions nous inspirer du modèle des classes préparatoires, non pas pour la sélection vers des "écoles-label", mais pour la méthode : reconfigurer ces parcours pour livrer des « esprits complets », ultra-cultivés, capables de naviguer entre les humanités, les sciences et les arts. L'enjeu est désormais de nourrir un esprit critique, aux horizons larges, qui ne se laisse pas enfermer dans une spécialité étroite, encore moins dans les probabilités d'un moteur de recherche. Cette agilité doit aussi être manuelle : réconcilier la tête et la main devient une nécessité de survie économique. Un esprit qui sait prompter une requête doit aussi savoir comment fonctionne un circuit d'eau ou une structure en bois. C’est dans les interstices inattendues de ces disciplines variées que surgit l’éclair créatif, le génie… humain.

Mais ce n’est pas tout. Si la machine nous bat sur le calcul, elle peinera encore longtemps sur le terrain du lien. Or l'empathie ne se décrète pas, elle s'enseigne. C'est dès les premières années d'école que se joue la partie. Apprendre à lire les émotions de l'autre, à collaborer dans le monde physique, à partager le temps long de la présence réelle : voilà les véritables compétences de demain auxquelles doit s’adapter notre système éducatif. Culture générale, empathie et expériences de liens, c'est la triple voie à emprunter sans tarder.

Oui, pour éviter que notre société ne se fragmente en une multitude d'individus isolés derrière leurs assistants personnels, nous devons densifier la vie associative et rendre ces engagements obligatoires dans tous les parcours de formation. Le partage d'expériences concrètes et le service de l'intérêt général sont les vrais antidotes au narcissisme numérique. C’est probablement là, dans le frottement des réalités humaines, que se forge la résilience d'un pays.

Ne nous trompons pas de combat. L’obsolescence humaine, loin d'être une fatalité technique, relève d’un abandon des consciences, voire d'un renoncement politique. Si nous laissons les algorithmes choisir à notre place, nous deviendrons des mines à ciel ouvert pour les données de quelques plateformes.

Bientôt doit s’ouvrir le débat des présidentielles. Les candidats ont l’obligation devant le pays de mettre cette question au cœur de leurs réflexions. Sinon, ils se disqualifient !

Car la vraie rupture consiste à changer de logique et à protéger coûte que coûte notre épaisseur humaine. Alors Mesdames et Messieurs les postulants au poste suprême, ne vous trompez pas de priorité ! Offrez-nous enfin une vraie vision, un vrai débat de société !

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J
Je susi entièrement d'accord avec ces propos ci-dessous.<br /> <br /> Nous devrions nous inspirer du modèle des classes préparatoires, non pas pour la sélection, mais pour la méthode : reconfigurer ces parcours pour livrer des « esprits complets », ultra-cultivés, capables de naviguer entre les humanités, les sciences et les arts. L'enjeu est désormais de nourrir un esprit critique qui ne se laisse pas dicter sa pensée par la probabilité d'un moteur de recherche. Cette agilité doit aussi être manuelle : réconcilier la tête et la main devient une nécessité de survie économique. Un esprit qui sait prompter une requête doit aussi savoir comment fonctionne un circuit d'eau ou une structure en bois. C’est dans les interstices inattendues de ces disciplines variées que surgit l’éclair créatif, le génie… humain.<br /> <br /> Ils appellent cependant un changement radical dans la formation scolaire où les élèves désapprennent à apprendre soit parce qu'ils s'amusent avec les videos sur lles écrans ou bavardent entre eux, soit parce qu'ils utilient ChatGPT ou autre AI pour éviter de réfléchir. La bonne méthode devrait consister à faire son devoir seul avec ses acquis dans quelque matière que ce soit et, une fois le devoir corrigé par le professeur, si la correction s'avère décevante parce qu'il faut bien le dire le recrutement des enseignants est mauvais faute de bons candidats et il peut y avoir des collègues qui ne sont pas à leur place, je le vérifie avec mes enfants, alors, s'impose la correction par l'IA.
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