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Adhésion de la Martinique à la CARICOM : un pari à gagner... ou à perdre ?

Siège de la Caricom au Guyana

Siège de la Caricom au Guyana

Le 20 février 2025, à la Barbade, la Martinique a franchi un cap symbolique en signant son adhésion à la CARICOM en tant que membre associé. Cette intégration régionale, longtemps rêvée, souvent reportée, est désormais en passe de devenir réalité. À travers ce geste diplomatique, c’est une ambition affirmée d’ancrage caribéen qui s’exprime. Mais cette ambition n’est pas sans risques. Et elle ne pourra produire ses effets que si des décisions courageuses sont prises, ici, en Martinique.

Créée en 1973 par le traité de Chaguaramas, la CARICOM rassemble aujourd’hui 15 États membres et 5 membres associés. Elle vise à renforcer l'intégration politique, économique et culturelle des territoires de la Caraïbe. La Martinique, en tant que collectivité non souveraine, y rejoint des territoires comme Anguilla ou les îles Caïmans : elle n’aura pas de voix délibérative, mais pourra participer aux échanges techniques et bénéficier de coopérations ciblées.

Un statut certes limité, mais une brèche ouverte.

Cette adhésion, rendue possible par les dispositifs de coopération régionale prévus à l’article 73 de la Constitution française, repose sur un fragile équilibre entre action locale et aval de l’État. Et elle reste, à ce jour, conditionnée à la ratification par le Parlement français d’un accord encadrant les privilèges et immunités de la CARICOM en Martinique.

Pour autant, cette ouverture régionale ne saurait être un simple affichage diplomatique. Elle doit être l’occasion de refonder notre stratégie économique, de réduire notre dépendance à l’Europe, et de renouer avec notre espace géographique naturel.

Mais là où certains y voient une opportunité, d’autres soulignent les menaces.

Et ces menaces sont réelles.

La Martinique entre dans une communauté caribéenne aux économies souvent plus souples, plus compétitives, et moins contraintes par les normes sociales, fiscales ou environnementales européennes. Le coût du travail, le niveau de vie, et les charges d’exploitation y sont, dans la plupart des cas, bien moindres que chez nous.

Dans ce contexte, comment nos entreprises locales pourront-elles rivaliser avec une vague d’importations régionales à bas prix ? Comment protéger ce qu’il reste de notre production, déjà fragilisée, sans adaptation de notre modèle économique ?

C’est là que l’idée d’une “Zone Franche Sociale” prend tout son sens.

Seule une réforme structurelle – audacieuse, ciblée, territorialisée – pourra permettre à la Martinique de jouer à armes (à peu près) égales avec ses voisins. Réduction du coût du travail, exonérations ciblées, facilitation des exportations : voilà les conditions minimales pour faire de cette adhésion un levier, et non un piège.

D’autant que, paradoxalement, la coopération régionale existe déjà... par nos entreprises privées. Le groupe GBH, pour ne citer que lui, s’est implanté avec succès dans plusieurs pays du CARICOM. Cette réalité n’est pas anodine. Elle montre que nos capacités de projection existent, et qu’une dynamique économique caribéenne est possible dès lors que les conditions de compétitivité sont réunies.

Reste à savoir si le président du Conseil exécutif, Serge Letchimy, architecte politique de ce rapprochement régional, saura dépasser les antagonismes historiques avec certains groupes économiques locaux pour les considérer, enfin, comme des partenaires de développement régional. Ce serait un signal fort, à la fois économique et politique.

Oui, l’adhésion à la CARICOM peut être une opportunité. Mais sans stratégie offensive et cohérente, elle risque d’exposer la Martinique à une nouvelle forme de dépendance, cette fois-ci venue du sud.

Il ne tient qu’à nous d’écrire cette nouvelle page avec lucidité, solidarité… et courage.

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M
La cooperation caribeenne reste plus un fantasme ideologique qu' un horizon martiniquais.Pendant longtemps et avant que l'on ne songeât aux pouvoirs decentralisés ,cette perspective etait plus envisagee par les liberaux que par les anticolonialistes martiniquais plus alignés sur Moscou que sur Washington...Pensez aux difficultes de feu M.Clovis Bauregard pour etablir à partir de la Chambre de commerce, des contacts avec les petites caraibes anglophones..<br /> Apres la decentralisation et l'experience amère d'Air Martinique SEM , on finit par reconnaitre que notre niveau de developpement nettement superieur aux pays voisins creait un desequilibre à notre desavantage dans le cadre d'un marché commun caribeen ; ce qui n'excluait pas une cooperation caribeennne francophone -anglophone .Mais l'ubris souverainiste qui a atteint un pic depuis l'actuel executif ctm, voudrait voir dans cette integration de plein droit ds le Caricom notre passage de la Mer Rouge pour les rives de la Terre Promise annoncée par de grands claquements de drapeaux RVN sur le malecon , d'entonnements d'hymne et de salves de pistolets et autres armes de guerre...!Oui pour la promotion tous azimuts du bilinguisme ( français, anglais; espagnol; portugais ); oui pour une demarche d'ecodeveloppement regional et solidaire; oui à une maitrise raisonnee de l'histoire regionale ; oui à la cooperation economique et politique gagnant -gagnant ..Mais .petit rappel neanmoins sous forme d'anecdote :En 1983 ,lors de la remise du Prix Casas de las Americas à la Havane pour son oeuvre" Dessaline ou La passion.de l'Independance, ",feu Vincent Placoly (1946-1992) aurait rencontré feu Fidel Castro .Au terme de l'echange oû il aurait etonné notre recipiendaire par sa connaissance des problematiques martiniquaises , Le Lider Maximo lui aurait conseillé de garder son passeport français car c'etait sa meilleure protection contre la rapacité du gringo yankee....Cette revelation me vient de proches de Vincent dont la vision revolutionnaire ne s'etait emancipee du prisme manicheen resultant de la Guerre Froide! Mais un autre Ami fan de musique cubaine qui m'a autorisé à le citer , m'a confié avoir rencontré FIDEL à deux reprises à la Havane.Il fut chaleureusement abordé par ce dernier qui lui fit la mème recommandation qu'à Vincent Placoly..<br /> Comme quoi , la citoyenneté française est respectee en outre-mer par les adversaires de la democratie ,et notre passeport actuel ,un talisman dilpomatique.!.Les cartels qui veulent s'implanter aux Antilles le savent qui utilisent la strategie de la destabilisation par generation de conflits sociaux et eventuellement ethniques avec le concours de leurs chevaux et mulets de Troie locaux... A bon entendeur , salut!
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