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Quand la solution passe par le développement de l'emploi ET du pouvoir d'achat : la Zone Franche Sociale

Quand la solution passe par le développement de l'emploi ET du pouvoir d'achat : la Zone Franche Sociale

Si c’est la politique vaccinale qui a déclenché l’incendie en Guadeloupe et en Martinique, les ferments de la crise sont en réalité bien plus profonds.

Depuis plus de 10 ans, les départements et territoires d’Outre-mer s'enfoncent dans une sinistrose qui touche tous leurs leviers : politiques, économiques, environnementaux, sociétaux... et qui se traduit notamment par un effondrement démographique aux Antilles, et un marasme économique et social marqué par un chômage élevé, devenu endémique.

Chaque année par exemple, la Martinique perd 5.000 habitants ! L’équivalent d’une petite commune qui est rayée de la carte. La Guadeloupe est sur la même tendance. Une telle baisse démographique engendre mécaniquement l’appauvrissement des populations et son cortège de malheurs : le chômage, la désespérance, la violence…

Le pouvoir d’achat est pénalisé par « la vie chère », ce qui nourrit une frustration durable des populations Guadeloupéennes et Martiniquaises. L’INSEE et l’IEDOM ont montré en effet que les prix sont globalement plus élevés de : + 11,6 % en Guyane, + 12,3 % en Martinique, + 12,5 % en Guadeloupe, + 6,9 % à Mayotte, + 7,1 % à La Réunion, par rapport à l’Hexagone.

Les problèmes de chômage et de pouvoir d’achat sont endémiques aux Antilles-Guyane. Tous les dispositifs déployés jusqu’à présent n’ont donné que de piètres résultats. Aucun d’entre eux n’a réellement permis à ces territoires de trouver les conditions d’un développement harmonieux et durable. Depuis 30 ans la situation se dégrade, et le lien national se distend.

En résumé, les deux moteurs de l’économie ultra-marine sont en panne :

  1. Le moteur de l’offre : baisse de la commande publique, affaiblissement des capacités d’investissement des entreprises…
  2. Le moteur de la demande : atonie de la consommation…

Il faut donc rallumer ces deux moteurs et agir de concert sur l’emploi et sur la consommation des ménages afin de créer un choc de revitalisation économique.

La Zone Franche Sociale s’attaque radicalement au coût du travail tout en boostant le pouvoir d’achat des salariés. Elle est la réponse immédiate au triple défi du chômage, du coût de la vie et de l’attractivité.

La Zone Franche Sociale consiste à exonérer totalement les salaires relevant du secteur privé, sans distinction de revenus, de toutes leurs charges patronales et salariales. Elle combinera naturellement les effets positifs d’une politique de l’offre et d’une politique de la demande.

  1. Zone Franche Sociale = zéro charge sur les salaires, pour dynamiser l’offre

Le tissu économique local est constitué essentiellement de petites entreprises « de main d’œuvre », dont les capacités d’embauche sont contraintes, aussi bien par les coûts salariaux que par l’atonie des marchés. 

En ramenant le coût du travail au simple niveau du salaire net, c’est une nouvelle marge de manœuvre qui est donnée aux entreprises pour leur permettre de développer leurs activités, investir, innover, baisser leurs prix et recruter des collaborateurs. C’est un frein à l’embauche qui est levé. Et c’est un accélérateur qui est offert à toutes celles et ceux qui veulent entreprendre.

  1. Zone Franche Sociale = zéro charge sur les salaires, pour dynamiser la demande

Le coût de la vie en Outre-mer est supérieur d’environ 12% à celui de la France hexagonale (+35% sur l’alimentaire, principale source de dépenses des foyers ultramarins). Ce qui maintient ces sociétés dans un état constant de tension sociale, voire de risque d’explosion sociétale.

En ramenant les salaires nets au niveau du brut, c’est une nouvelle capacité de consommer qui est offerte aux salariés leur permettant ainsi de contribuer à relancer l’économique locale. Notons que cette nouvelle marge de manœuvre permettra aux citoyens d’adopter plus facilement les comportements vertueux de la transition écologique.

Cette mesure de « Zone Franche Sociale » doit être déployée dans les territoires d’Outre-mer les plus impactés par l’effondrement démographique : la Guadeloupe et la Martinique. Son coût, en apparence élevé, est justifié par l’écart de contribution publique par habitant entre les Antilles et la France Hexagonale (environ 30% selon une étude DME 2010). Il sera compensé par les effets vertueux du dispositif : réduction forte du chômage et relance de la consommation.

En effet, cette mesure aura des conséquences positives sur les comptes publics, en réduisant sensiblement les coûts sociaux liés au chômage, et en générant des revenus fiscaux plus importants : accroissement des revenus de TVA et d’Octroi de Mer par l’augmentation de la consommation, accroissement de la fiscalité des ménages et des entreprises par l’amélioration des comptes d’exploitation, notamment.

La Zone Franche Sociale est la grande mesure qui nous permettra enfin de relever durablement les défis du chômage, du pouvoir d’achat et de l’attractivité des territoires d’Outre-mer, en en priorité de la Martinique et de la Guadeloupe. Elle contribuera à relancer la démographie et à attirer de nouveaux investisseurs. C’est une mesure efficace et juste car elle règle en même temps les problèmes des employeurs et les difficultés des salariés.

Cette mesure a été proposée par l’ensemble des organisations socio-professionnelles martiniquaises en mars 2019 dans le cadre du « Grand débat national ». Elle a été reprise et développée notamment par Renaissance Martinique.

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D
Dans un tout premier temps, ce type de dispositif devrait pouvoir intéresser les collectivités "en mal d'équipements structurels" pour les aider à refaire, réparer et entretenir le réseau d'adduction et traitement d'eau potable (cause chlordécone, fuites, etc.) et, parallèlement, les aider dans l'assainissement des eaux usées (afin d'accroître et sauvegarder la qualité des eaux de baignade) en contexte touristique mais pas que...
Dans un second temps, il s'agirait de travailler sur la protection de la population en matière de prévention des risques majeurs (dont est désormais incluse la problématique du réchauffement climatique nécessitant des grands travaux de protection (à très long terme) du littoral. Ceci, dans le respect de la faune et la flore côtières.
Ces chantiers pourraient employer de nombreux martiniquais(ses) sur plusieurs années et, à terme, pourrait nous permettre de vivre et d'accompagner les générations futures "dans un monde bien meilleur".
Nous avons un meilleur monde à inventer.
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S
Je ne partage pas du tout cette proposition. Sa première conséquence est d'augmenter encore la dépendance aux transferts sociaux. La seconde conséquence sera d'augmenter encore les importations de bien de consommation la production intérieure ne suffisant pas et ne pourra pas être immédiatement augmentée. Enfin les hauts revenus seront plus encore que maintenant favorisés et investiront encore plus a Paris ou ailleurs. Ce n'est pas avec plus d'argent que l'on améliorera la Martinique. C'est avec plus de cohésion sociale plus de civisme moins de corruption et de mauvaise gestion des collectivités locales. Combien d'investissements pourrait t'on faire dans le domaine de l'eau des déchets des réseaux électriques de l'entretien du patrimoine si les collectivités maîtrisait leur frais de fonctionnement ce qui permettrait d'investir et de créer des emplois. Ce n'est pas l'argent qui manque. C'est l'intégrité le civisme et la volonté de développer notre île.
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