Le texte ci-dessus est écrit par Nicolas BORDAS sur son blog. Il vient en contre-pied d'une énorme convention qui, chez nous aux Antilles, a fait d'immenses ravages en 2009. C'est en effet au nom de la lutte pour le pouvoir d'achat que les entreprises de Guadeloupe et de Martinique ont du réduire la voilure. Conséquence directe des baisses de marges forcées : chute des investissements et des innovations, multiplication des faillites, explosion du chômage, concentration des acteurs... et hausse des prix.

Finalement, les prix BC-Bas, c'est sans doute la plus mauvaise idée de l'année !

nicolas-bordasEt si nous prenions conscience que nos achats sont aussi nos emplois ? Payer des produits moins chers, c’est aussi souvent payer des gens moins bien. La qualité de nos achats est bien souvent la qualité de nos emplois (et ceux de nos enfants). Face aux enjeux démographiques, énergétiques, et environnementaux de notre planète, la consommation de demain ne peut plus être celle d’hier. Chaque secteur d’activité doit se réinventer et créer des offres nouvelles adaptées au consommateur devenu consommateur-citoyen. Le moment n’est-il pas venu de passer d’une consommation basée sur la quantité, à une consommation davantage fondée sur la qualité ?  Le moment n’est-il pas venu de passer d’une consommation principalement individualiste, à une consommation qui intègre une dimension sociétale (environnement, santé, citoyenneté) ?

Mais cette mutation a forcément un coût : une voiture plus écologique coûte dans un premier temps plus cher, une énergie moins polluante coute plus chère que l’exploitation des énergies fossiles existantes, une alimentation qualitative et sécurisée coute plus cher à produire, une société de service qui donne des garanties sociales à son personnel doit nécessairement vendre son service plus cher… Il nous faut apprendre à consommer moins en quantité, mieux en qualité, en acceptant de payer un prix qui intègre une composante sociétale. Un prix qui tient compte du coût environnemental complet par exemple, et en particulier du coût du recyclage. Un prix qui intégrera aussi demain une contribution “caritative” aux besoins vitaux de la planète. A l’exemple de l’initiative “Massive Good” qui pour seulement 2$ supplémentaires sur chaque billet d’avion, permettra d’éradiquer la malaria, la tuberculose et de lutter contre le sida en Afrique…


No low cost

Il est temps de tordre le coup au dogme du Low Cost qui ne saurait être la fin ultime de la consommation. Un dogme que  Bruno Fay et Stéphane Reynaud vont jusqu’à qualifier “d’imposture” dans leur livre  intitulé “No low cost”. Pour eux, le low cost “se traduit le plus souvent par une logique folle de réduction des coûts au détriment de la qualité des produits, des conditions de travail des salariés, des emplois, de la santé et de la sécurité des consommateurs”. L’arbre d’Ikéa, entreprise exemplaire à bien des égards, masque la forêt des entreprises low cost détructrices de valeur économique et sociétale.

On peut bien sûr argumenter qu’il est sain que chaque marché soit stimulé par un “category killer” qui oblige les entreprises de son secteur à être encore plus innovantes et performantes. Certes, mais ça n’est pas une raison pour ériger la démarche low cost en modèle lorsqu’elle tire la planète vers le bas : bas prix, basse qualité, bas salaire, basse contribution environnementale et sociétale.  La conclusion de ce post ne vas pas être très populaire, en pleine crise économique et alors que tant de gens n’ont pas les moyens de vivre décemment, mais y a t-il vraiment une autre solution pour la planète que d’envisager de passer du “consommer plus pour moins cher” au “consommer moins (mais mieux) pour … plus cher ?

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