Laisse-moi te dire

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Quand Maurice Levy défend l'image des patrons...

Maurice Levy, Président de Publicis est élu à la tête de l'Afep pour défendre l'image des entreprises et des patrons. Une organisation dont l'objectif national correspond à la virgule près au combat que mène en Martinique l'association Contact Entreprises... Ci-dessous un extrait d'interview publié dans les Echos.

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Vous avez pris officiellement hier soir à l'occasion d'un grand dîner la présidence de l'Afep. Pourquoi ce choix ?

Je n'étais pas candidat et j'ai même été assez réticent à écouter la proposition qui m'était faite. Présider l'Afep est un travail qui nécessite une organisation du temps qui n'est pas en adéquation avec mes contraintes. Pour une association qui pense que son efficacité passe par une certaine discrétion, il y avait aussi quelque chose de paradoxal à proposer ce poste à un communicant saltimbanque, qui n'est pas passé par les grands corps de l'Etat et n'appartient pas à l'industrie comme c'était le cas depuis sa création par Ambroise Roux.

Pourquoi alors avoir accepté ? On dit que ce sont les banquiers qui ont poussé votre candidature.

Certes, mais pas seulement, et le conseil m'a élu à l'unanimité et avec enthousiasme, m'a-t-on dit ! J'ai accepté pour deux raisons : quand on a fait un certain parcours, on a l'obligation du fameux « pay back to the community ». De manière un peu immodeste, quand je regarde l'image des chefs d'entreprise, je me dis que l'on peut faire mieux. Les chefs d'entreprise ne sont pas bien considérés, ils constituent souvent une cible et en sont parfois en partie responsables. Avec ce que je sais de la communication et de la formation des images, participer au redressement de l'image des patrons ne me paraît pas inutile. Membre de l'Afep depuis le milieu des années 1980, je pense que l'association peut y contribuer auprès des leaders d'opinion, des pouvoirs publics et peut-être aussi du grand public.

Vous allez donc davantage communiquer vers l'extérieur…

Il n'est pas question que l'Afep s'installe sur la place publique, c'est le rôle du Medef, et la discrétion est de mise pour faire aboutir certains dossiers, éviter les faux bras de fer. Mais on ne peut pas dire que l'on va participer à la revalorisation des entreprises si, dans le même temps, on ne s'exprime pas. Je vais donc m'exprimer, un peu et en respectant les grandes entreprises.

Arrivez-vous avec un programme ?

Plusieurs sujets me paraissent devoir être traités de manière plus offensive. D'abord, la compétitivité du site France. Depuis le premier choc pétrolier, les écarts de compétitivité avec nos voisins européens n'ont cessé de se creuser. La France bénéficie d'atouts considérables, il faut voir comment on peut aider à lever certains freins. La création d'emplois est une nécessité absolue. Certes, l'innovation peut y contribuer, mais cela prendra des années. Il faut donc générer des emplois productifs de toutes catégories, même si cela ne contribue pas directement à la croissance, mais c'est un impératif pour assurer la dignité des femmes et des hommes. Les entreprises, sur ce point, ont un devoir. Le deuxième sujet, c'est la revalorisation de l'image des entreprises. On ne peut pas passer à côté de la nécessité des restructurations, mais jeter l'opprobre sur les entreprises qui y sont confrontées est une chose grave qui porte à conséquence : on ne voit plus leur contribution à l'économie et on les juge à travers ces moments difficiles...

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