Mon neveu Alexis a exhumé les poèmes de son grand-père (mon père, Hippolyte) et les publie au compte-goûte sur son blog. Ils ont été écrits au siècle dernier, entre 1930 et 1970, et traitent pour la plupart de sujets martiniquais. Ils n'avaient jamais été "partagés" jusqu'à ce jour. Je vous propose d'en découvrir un chaque dimanche.

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Saint-Pierre

 


Mes amis, notre ville est une grande dame,

Une fière indolente aux charmes surannés,

Qui d'un clavecin frêle aux ivoires fanés

Joue de gais menuets ou d'ennuyeuses gammes.


Mes amis, notre ville est une belle femme

Qui pour un peu d'amour nous fera tous damner ;

Qui sait toujours nous prendre et souvent se donner,

Se refuse parfois mais jamais ne réclame !


Le doux rythme marin qui chante au Fonds Coré

Dit les serments qu'elle a tant de fois murmurés,

Et qu'emporte le vent qui souffle de Saint-James ;


Mais le même air jadis, enfants, nous a bercés,

Tari les premiers pleurs que nos yeux ont versés ;

Elle est amante et sœur, en un mot : elle est femme !

(Hippolyte de Reynal)

 

 

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