C'est dimanche, jour du poème d'Hippolyte de Reynal. Aujourd'hui, un sonnet qui nous raconte les raisins de mer qui poussent sur les plages de Martinique; de drôles de petits fruits âcres et doux à la fois...


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Le soleil et le vent qui bercent les chloroses

Gorgent le long des jours de sels et de rayons

Ta chair frêle et pourtant lourde d'exhalaisons

Que le sang de la mer transfuse et cyanose !


Ta pulpe avivera les pales lèvres roses

De rouge, violette ou perse floraison ;

Et de lambeaux épars empourprant le gazon

Des bords déchiquetés d'exquises ecchymoses !


Une lèvre de femme avait ce goût de sel,

Chaude comme le sang, âpre comme le gel,

Amoureuse parfois de savante blessure.


Et je sens dans ce fruit ta douceâtre âcreté

Le sauvage velours, la timide âpreté,

De celle où saigne bien une tendre morsure !

 

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