idmartinique-laisse-moi-te-direIDMartinique est le rendez-vous de tous ceux qui veulent contribuer, par leurs idées positives, au développement de notre île. Cette semaine, la parole est à Eddy VIRGAL qui, à la veille de la Semaine du Développement Durable, propose une Martinique pilote en matière de croissance verte. Une sixième IDMartinique, qui nous engage tous...

 

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Et si la Martinique se projetait comme un territoire pilote d’innovation, de développement durable et de croissance verte ?

 

Le caractère insulaire de notre Martinique nous conduit à redoubler d’effort sur la sobriété de nos moyens et méthodes de production. En effet, la dépendance aux matières premières conventionnelles, la fragilité du biotope et l’exigüité du marché économique territorial nous conduisent à anticiper les mutations, que ce soient sur les modes de consommation que sur les technologies efficientes.

Le XXème siècle a vu l’avènement de la mécanisation à travers la révolution industrielle. Ce mode de fonctionnement a particulièrement accéléré la production de biens et de services pour répondre aux besoins croissants des populations.

A l’aube du XXIème siècle, 2 constats :

- Spéculations internationales et financières sur les énergies fossiles, en l’occurrence le pétrole ;

- Impacts significatifs sur le climat avec un regard particulier sur les émissions de Gaz à Effet de Serre.

La notion de Développement Durable prend toute son sens, de par le fait qu’elle met en exergue 2 vocables :

- Développement : très cher aux hommes mais aussi aux entreprises et impulsé désormais par la Croissance verte.

- Durable : qui soulève un caractère de pérennisation, de prospérité.

 

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Donc, réduire le Développement Durable uniquement à un volet écologie est simpliste, paralysant voire mortifère. Le Développement Durable est la zone de convergence entre trois thématiques « ECONOMIE – SOCIAL – ECOLOGIE ». Face à ce défi, les acteurs économiques doivent particulièrement s’imprégner de ces orientations qui vont modifier les comportements actuels. Alors, 2 stratégies : ou nous nous situons dans l’expectative et subissons les contrecoups de la mondialisation, ou bien, nous nous engageons dans une nouvelle dynamique qui vise à s’approprier l’innovation et l’ECO-CONCEPTION dans le cadre des nouvelles dynamiques impulsées par l'Union Européenne à travers la stratégie 2O20 qui prend la suite de la stratégie de Lisbonne pour une Croissance Verte et Inclusive.

 

euro-vert-laissemoitedire-laisse-moi-te-dire-idmartinique.jpgECO-CONCEVOIR sous-entend produire de la valeur, de la richesse tout en intégrant des critères de performance et en répondant aux besoins des consommateurs, de plus en plus avisés. Ainsi est né le concept d’éco-efficience, qui consiste à conjuguer les performances environnementales et économiques pour créer plus de valeur - au niveau des entreprises mais aussi, et surtout, de toute la collectivité - en réduisant l’impact produit. Beaucoup d’entreprises sont déjà bien avancées sur la voie de l’éco-efficience. Le concept est aujourd’hui largement accepté et il est notamment approuvé par l’OCDE et la Commission Européenne.

 

Et, à ce jeu, la Martinique disposerait de beaucoup d’atouts. Tout d’abords, une jeunesse hautement formée et opérationnelle qui est prête à accompagner les entreprises à optimiser leur process. Le niveau d’études atteint par nos jeunes talents et l’adéquation de leurs profils aux enjeux planétaires pourraient se révéler être les piliers de ce changement de « business model », se fondant sur le Green Business.

 

Parallèlement, la Martinique dispose de ressources peu valorisées, de par le fait que les lignes budgétaires et les dispositifs financiers ne leur font pas la part belle. Le modèle économique actuel, orienté importation, ne privilégie que la marge au détriment de la valeur ajoutée. Dès lors, nous sommes très vulnérables aux mouvements incontrôlés d’un port.

 

Troisième atout et pas des moindres, les managers et chefs d’entreprises qui osent entreprendre dans un cadre aussi défavorable. Cependant, pour reprendre quelques mots du célèbre poète, « la Martinique de papa a vécu ». Il faut de projeter, il faut s’ouvrir et conquérir de nouveaux marchés, et seule notre différenciation fera que nous serons compétitifs. Et c’est là que l’éco-conception prend toute sa dimension. Anticiper les réglementations, anticiper les modes de consommations, anticiper les technologies innovantes et performantes sont des domaines sur lesquels nous devons nous investir.

 

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Alors, comment faire ?


Tout d’abord, se former à ces concepts, à ces méthodes. La formation constitue la première étape de l’innovation. On n’insiste pas assez sur la valeur rentable que constitue une politique de formation, dans ce domaine en particulier. Etre au fait des évolutions technologiques, disposer des bons retours d’expérience, se constituer des bases de données pertinentes et à jour en rapport avec nos réalités sont les outils de base pour mener cette conduite du changement. C’est dans cette perspective que s’inscrit ce séminaire-formation « ECO-DESIGN – une solution innovante pour nos économies » qui devrait se dérouler les 23 et 24 juin 2011. Il sera animé par AVI OFFICE, cabinet spécialisé dans l’élaboration de stratégie de Développement Durable – 2 journées à destination des chefs d’entreprises qui auront pour but d’appréhender les enjeux liés à la réglementation, l’affichage environnemental des produits et l’analyse des flux industriels, le Bilan Carbone®.

 

Ensuite, bien s’entourer. Car cet aspect, souvent sous-estimé, s’avère être le détail qui fera échouer les projets. Les spécificités insulaires n’ont rien à voir avec les conditions et le contexte du pays tempéré, autrement développé. Il faut une véritable immersion dans les réalités que connaissent nos entreprises pour garantir le succès de ces initiatives, et ne surtout pas transposer des rapports produits à partir et pour d'autres milieux. C’est ce d'ailleurs, qu'avaient bien compris les initiateurs du Grenelle de l'Environnement, en consacrant des ateliers et des sessions spécifiques à l'Outre-Mer Français, légitimement plus concerné en général par les problématiques liées à la mer par exemple.

 

Enfin, se doter des technicités les plus appropriées. Aujourd’hui, les choix des acquisitions technologiques et les méthodes d’exploitation ne prennent pas en compte les coûts liés à une évolution conjoncturelle. Pour exemple, La Martinique couvre ses besoins électriques essentiellement à partir des matières fossiles, avec tous les rejets que nous savons. De surcroit, nous bénéficions d’une péréquation qui nous permet de payer cette électricité consommée au même prix sur l’ensemble du territoire français. Combien de temps cela va-t-il durer ? Le coût lié au fret de marchandises, au regard des spéculations sur le pétrole, va inéluctablement impacter le coût final. Le consommateur, pourra-t-il se payer les produits ?

C’est en s’ingéniant à ECO-CONCEVOIR que nos entrepreneurs vont gagner le pari économique du XXIème siècle. Les entreprises doivent continuer d’œuvrer quotidiennement pour l’atteindre, elles doivent réduire leur impact sur l’environnement et créer plus de valeur tout en réduisant cet impact. En un mot, il leur incombe de « faire plus avec moins ». Les entreprises ne peuvent être gérées dans un esprit philanthropique : elles doivent être en mesure de montrer que le Développement Durable et la Croissance verte impulsent les affaires, et que le Green Business est un secteur prospectif.

 

Un nombre important et croissant d’entreprises ont compris ce qu’on attend d’elles. Toutefois, il faut le souligner, les entreprises ne doivent pas être les seules à agir.

Bien au contraire. Le système de gouvernance tripartite ne peut fonctionner que si ses trois composantes - pouvoirs publics, société civile et entreprises - abandonnent les vieux antagonismes dépassés, concluent de nouvelles alliances et travaillent en partenariat pour trouver et mettre en œuvre des solutions réalistes et durables. Nous devons réussir ensemble et c’est le pari que nous faisons en entrant dans cette nouvelle phase cruciale du mouvement vers la croissance verte et le Développement Durable.

 

Une IDMartinique de Eddy VIRGAL, parrainée par Contact-Entreprises.


Logo contact-entreprise 2010L’Association Contact-Entreprises parraine le programme IDMartinique initié par l’AACC Outre-mer, et invite toutes les bonnes volontés à y participer : en vous inscrivant sur le fil Twitter @IDMartinique et en prenant à votre compte une idée commençant par « Et si… », en la développant sur une page A4 dactylographiée, et en nous l’envoyant à info@contact-entreprises.com ou idmartinique@laissemoitedire.com.


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