Idées, projets, vision... pour faire bouger le pays, les gens et les marques en Martinique et ailleurs...

Laisse-moi te dire

Quand nous deviendrons tous des rhinocéros...

Quand nous deviendrons tous des rhinocéros...

Dans sa célèbre pièce intitulée "Rhinocéros", Eugène Ionesco démontre avec brio les dangers du conformisme qui, en laissant disparaître la pensée individuelle, favorise la mise en place des régimes totalitaires. 

La pièce dépeint une épidémie imaginaire de "rhinocérite" - métaphore tragique de la montée des totalitarismes - qui atteint les habitants d'une ville et les métamorphose un à un en rhinocéros.

En déboulonnant la statue de Victor Schoelcher ce samedi 29 mai, c’est le triste chemin que nous propose aujourd'hui l’autorité municipale du Lamentin. Un chemin d’abandon et de reniement envers toutes les générations de martiniquais qui nous ont précédé et qui se sont battus pour ériger cette statue. Un chemin de mépris envers nos pères, nos mères, toutes celles et tout ceux qui par milliers ont voulu rendre hommage au grand abolitionniste. Un chemin de honte qui ne propose comme solution que l’effacement plutôt que le rajout.

Allons-nous tous devenir des rhinocéros, et nous laisser glisser sans réagir vers la pensée unique que nous proposent quelques révolutionnaires destructeurs ? Allons nous capituler sous la pression d’une pensée totalitaire, et accepter que toutes les marques de notre histoire disparaissent les unes après les autres au prétexte qu’elles heurtent certaines mémoires ? Nous laisserons-nous amputer en silence par des chirurgiens aveugles, dont les gestes ne sont guidés que par la haine ?

Monsieur ZOBDA, vous avez capitulé sous la pression d’une menace totalitaire et subversive. Vous l’avez fait en conscience sans doute, pour éviter l’affrontement. Vous l’avez fait en bradant l’honneur des martiniquais.

Emmanuel de Reynal

Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article

Denis Degras 02/06/2021 08:07

"Allons nous capituler sous la pression d’une pensée totalitaire, et accepter que toutes les marques de notre histoire disparaissent les unes après les autres au prétexte qu’elles heurtent certaines mémoires ?"
C'est pourtant exactement la même chose qui s'est produite quand certains ont voulu nous faire disparaître.
N'est pas bien grâce aux luttes incessantes de celles et ceux qui ont refusé d'être vendus et exploités comme de simples biens meubles que les fils et petits fils d'esclaves sont entrés dans ce combat sans armes -si ce n'était leurs outils de travail ?
Combien de statues ont été brisées et combien de papyrus et d'objets sacrés ont été jetés au feu ? Et combien en pleine mer ?
Faut croire que pour certains ce n'est juste "qu'un détail"...
Les temps changent, voilà tout.
Cela ne doit quand-même pas remettre en cause la nécessité d'apprendre à vivre ensemble juste à cause d'une simple histoire de symboles...

Afland 31/05/2021 01:14

Quelle culture! C'est vrai que vous vous connaissez en matière de totalitarisme. Qu'est ce qu'il y avait de plus totalitaire que le régime concentrationnaire de l'habitation coloniale, tentative d'emprise totale sur les corps et les esprits?. Les mots ont du sens Mr De Raynal et vous faites montre ici pour le moins de beaucoup de légèreté.Cessez donc de crier au loup, vous qui n'avez cure de quoi que soit, tant que sont pas menacées vos bêtes. Et c'est cela le comble de l'absurde.

Emmanuel de Reynal 31/05/2021 04:02

Victor Schoelcher était un combattant acharné du régime concentrationnaire de l'habitation coloniale que vous évoquez. Il faut être soit révisionniste, soit totalitaire, soit idiot pour déboulonner sa statue. Soit les trois à la fois.

Aisha Ghanty 30/05/2021 19:40

Je trouve effrayant qu'un élu s'autorise de telles actes. Cela démontre pour moi à quel point notre Martinique est en danger des fondamentaux de la démocratie française.