Laisse-moi te dire

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Laisse-moi te dire

Quand on coupe les pattes d'une puce...

Quand on coupe les pattes d'une puce...

Un savant dit à une puce : Saute !

La puce saute.

Le savant lui coupe deux pattes et dit à la puce : Saute !

La puce saute, mais un peu moins haut.

Il lui coupe les quatre pattes et dit : Saute !

La puce ne saute pas. Alors le savant conclut : "Lorsqu'on coupe les pattes d'une puce, elle devient sourde."

Les entreprises de Martinique sont-elles devenues sourdes ? N’entendent-elles pas les appels des jeunes qui veulent rentrer au pays ? Les supplications de celles et ceux qui rêvent d’investissements, de projets et d’emplois ?

Les ponctions publiques ont coupé la première patte de nos entreprises en réduisant leurs dispositifs d’aide à l’investissement et en veillant à ce que leurs charges d’exploitation les rendent inopérantes dans la Caraïbe.

Une deuxième patte a été coupée en limitant leur accès aux fonds européens, en leur infligeant des délais administratifs interminables et en rallongeant la durée de paiement de leurs factures.

Comme elles bougeaient encore, on pouvait leur couper une troisième patte en fermant le robinet de la commande publique et en bouchant la vue sur l’horizon économique. Avec un tel traitement, elles n’étaient plus vraiment attractives. Elles n’avaient plus d’autres choix que de regarder partir, impuissantes, leurs investisseurs, leurs salariés et leurs clients…

Et c’est sans doute la loi de finance 2019 qui finira par les rendre définitivement « sourdes » en leur coupant la dernière patte !

En plus des mesures et taxes nouvelles qui viennent ponctionner nos entreprises et compromettre l’avenir de nos filières stratégiques (Habitat, rhum, hébergement touristique…), la réforme des aides à la compétitivité supprime en effet 180 M€ de l’économie ultramarine, contrairement à l’engagement du gouvernement de maintenir constant le périmètre de ces aides.

La Fedom s’est récemment émue de ces mesures désespérantes en présentant des simulations chiffrées par le cabinet Mazars, et en soulignant à juste titre le décalage entre les déclarations d’intention du gouvernement et ses actes concernant nos territoires.

Jamais en effet ce décalage n’a été aussi grand : ponctions et taxes sur les entreprises sont les seules réponses proposées aux questions de compétitivité, d’attractivité et de confiance.

Pas étonnant qu’avec de telles amputations, la Martinique soit complètement sourde à se développer !

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Denis DEGRAS 18/11/2018 09:03

Salut Emmanuel, je me retrouve tout à fait dans le contenu de ton article car, quand je suis revenu ô péyi, j'étais jeune et des années durant j'y ai réussi pas mal de belles et grandes choses -en espérant que l'on m'y accepte et que l'on m'accorde le droit légitime de m'y faire "une belle place au soleil" !
Que nenni !.. Le péyi n'est pas facile... Maintenant que je suis, doucement mais sûrement, entré dans la tranche des seniors, je me dis (pas trop fort pour ne pas me faire plus de peine) que j'aurais mieux fait de ne pas y rester si longtemps. Pourtant Dieu sait que j'en ai eu l'envie, plusieurs fois...Mais bon, faut pas regretter... Restons concentré et motivé, comme le disent les Golfeurs : j'ai encore un dernier trou à jouer... Tant qu'il y a de vie, il y a de l'espoir. Mais Dieu qu'il n'est pas si aisé de rester motivé à 120%. Enfin, d'une certaine façon ton article m'y aide beaucoup et puis j'ai encore la foi et du courage en réserve.. Merci pour ton implication dans le devenir de la jeunesse de notre "bel péyi". Amitiés cordiales. Denis