Une affiche publicitaire fait actuellement le buzz, comme on dit : elle représente deux hommes habillés portant une jeune femme en bikini dans une surprenante posture jambes écartées, chacun des hommes lui tenant une jambe.

Apparemment, il s’agit de promouvoir des polos pour hommes. Mais pourquoi cette femme, de surcroit quasi-dénudée, dans une telle posture, a-t-elle été retenue pour être le centre de l’affiche ? Quel est son rôle, sinon d’attirer le regard du passant ? Et où ce regard va-t-il se poser, sinon sur son sexe entre ses jambes écartées ? Il est évident que les auteurs de cette pub ont voulu chercher à obtenir, avec un tel visuel, un impact maximal. Et certains de dire « bien joué ! ». Si c’est une agence de communication qui a commis cette campagne, elle n’honore ni le métier de publicitaire, ni notre société. Et l’annonceur friand d’audience aurait alors dû aller plus loin : déshabiller la fille, la mettre complètement nue, et en plus gros plan. Et puis, ne montrer que son sexe, en fait. Et peut-être aussi supprimer les deux gars, qui ne servent à rien, tout compte fait… Ce n’est pas sa conscience qui l’en a empêché, c’est la loi sur l’affichage public !

Non, ce n’est vraiment pas « bien joué » de la part de l’annonceur ni de son agence de pub, s’il en a une. Et le réseau d’affichage aurait dû s’interroger quant à l’opportunité de présenter une telle campagne. 

La publicité n’est certes pas de la morale, elle est là pour faire vendre un produit ou un service ; la publicité ne crée pas le mouvement social, elle s’en fait l’écho. Mais dans ce monde de violence qui devient le nôtre, la publicité n’a pas à marcher plus vite que nos mœurs. Elle n’a pas à présenter la femme (ou l'homme) comme un objet, c'est-à-dire lorsque le lien entre le produit ou le service et le personnage féminin (ou masculin) n'existe pas, elle n’a pas à le présenter comme objet sexuel ou de soumission, elle ne doit pas porter atteinte à sa dignité.

Mesdames et Messieurs les publicitaires et les annonceurs, ne perdons pas nos dernières onces d’éthique et de respect de nous-mêmes !

Roger de JAHAM,
Publicitaire depuis 1967


Tribune libre : Ne perdons pas nos dernières onces d’éthique et de déontologie !
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